Documents pour «Mémoire»

2018 - Alchimie des émotions musicales

1h10min30

LE CERVEAU AU COEUR DE L’ALCHIMIE DES ÉMOTIONS MUSICALES

Une conférence avec Séverine Samson

Professeure de neuropsychologie

UFR de psychologie - Université de Lille
Présente au quotidien, la musique suscite des réactions variées et parfois extrêmes qui dépendent d’un réseau cérébral très étendu dont les particularités commencent à être dévoilées par les travaux en neurosciences cognitives et affectives. Le plaisir si particulier que procure la beauté musicale, à la fois sensible et abstraite, donne corps à la notion d’émotion esthétique dont les bases cérébrales commencent à être étudiées. A partir d’une approche transdisciplinaire qui associe la neuropsychologie à l’imagerie cérébrale, des résultats récents concernant les jugements de valence et de plaisir induits par la musique seront exposés afin de préciser la particularité des émotions musicales. Pourquoi la musique nous touche-t-elle au plus profond de nous même ? Est-elle vraiment inoubliable? Quels sont ses effets thérapeutiques ? Comment les expliquer ? Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre au cours de cette conférence.
Séverine SAMSON a débuté sa carrière au Canada (Université McGill et Institut Neurologique de Montréal). Elle dirige une équipe de recherche en neuropsychologie à Lille (Laboratoire PSITEC) spécialisée dans l’étude des fondements neurobiologiques de la cognition et des émotions auditives et notamment musicales au travers l’analyse des différentes pathologies cérébrales. A Lille, elle a mis en place la filière neuropsychologie (master spécialisé en réhabilitation cognitive) tout en développant de nombreux partenariats scientifiques en France et à l’étranger. Une partie importante de ses recherches concerne le développement des thérapies non médicamenteuses pour la prise en charge des maladies neurodégénératives, travaux menés en collaboration avec l’hôpital gériatrique Les Bateliers (CHRU Lille). Elle poursuit également des recherches depuis de nombreuses années sur les bases cérébrales des émotions musicales en lien avec la mémoire à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) et en collaboration avec l’Institut du Cerveau et la Moelle dans une perspective pluridisciplinaire qui associe la neuropsychologie aux méthodes d’imagerie cérébrale. L’approche retenue combine ainsi les recherches fondamentales aux réalités cliniques, et se situe au croisement des arts, des sciences et de la cognition. Séverine Samson a publié plus de 100 articles scientifiques et chapitres d’ouvrage et participe à de nombreux projets de recherche nationaux et internationaux.

Autour de cette conférence : concert Le Global du Tire Laine (musique du monde)

Le patrimoine de la recherche contemporaine : quelle sauvegarde ?

Isabelle ASTIC

58min23

En 2018, Résitech (Réseau Scientifique Industriel et Technique 1) fête sa dixième année. Ce réseau à vocation régionale est intégré au programme de la Mission nationale de sauvegarde du patrimoine scientifique et technique contemporain (PATSTEC) du Musée des arts et métiers-CNAM (www.patstec.fr).
Les objectifs de cette mission sont la sauvegarde du patrimoine matériel témoin de la recherche publique et privée (objets, archives) et du patrimoine immatériel(mémoire, et savoir-faire des acteurs). Ces travaux passent par la mise en oeuvre d’un inventaire au sein des laboratoires de recherche, de collectes d’archives orales et d’opérations de valorisation.
Comment sauvegarder patrimonialement des dispositifs expérimentaux complexes ?
À l’heure du « tout numérique », quid du matériel informatique ? Quelles sont les pistes de sauvegarde des objets dématérialisés, notamment des logiciels ?
Cette séance à deux voix propose un bref état des lieux et l’exploration de pistes, notamment à travers des réflexions sur le patrimoine de l’informatique.

2018 - Perception musicale : sommes nous tous des experts ?

1h19min32

PERCEPTION MUSICALE :
SOMMES-NOUS TOUS DES
EXPERTS ?


Une conférence avec Barbara Tillmann
Université de Lyon CNRS/INSERM


Des recherches sur la perception musicale montrent que même les auditeurs non musiciens deviennent sensibles aux régularités du système musical par simple exposition aux pièces musicales dans la vie de tous les jours.
Ces connaissances musicales se révèlent très élaborées ; elles influencent la perception des sons et permettent la compréhension des structures musicales.
Par contre, pour quelques personnes, la musique ne fait pas de sens : elles sont incapables de reconnaître une chanson familière sans paroles ainsi que de détecter une fausse note ou quand quelqu’un chante faux (y compris eux-mêmes). Ces personnes sont atteintes d’“amusie congénitale”, un déficit musical sans d’autres déficits cognitifs ou auditifs.
Étudier comment le cerveau traite la musique (dans son fonctionnement normal et déficitaire) est devenu l’objet d’un nombre grandissant de recherches qui, avec les recherches étudiant la perception du langage, contribuent à notre compréhension du fonctionnement du cerveau.
Barbara Tillmann est directrice de recherches au CNRS et anime l’équipe
«cognition auditive et psychoacoustique» au sein du centre de recherche en neurosciences de Lyon.
Après avoir effectué sa thèse à l’Université de Bourgogne, elle part en stage post doctoral aux États-Unis avant de revenir à Lyon. Elle s’attache à décrypter les mécanismes cognitifs et neuronaux permettant au cerveau humain de percevoir la musique. Elle étudie plus particulièrement les phénomènes d’amusie congénitale qui touchent environ 4% de la population. Elle a également contribué à révéler le rôle bénéfique de la musique dans le traitement de certains troubles cognitifs (dyslexie, dysphasie). Elle a participé à plus de 120 publications dans des revues internationales de très haut niveau comme Nature, Journal of Neuroscience, Neuropsychology. Elle est l’auteur d’un livre et a écrit des chapitres dans 21 ouvrages très diffusés. Chose remarquable, elle a obtenu la médaille de bronze puis d’argent du CNRS respectivement en 2004 puis 2016.
Elle collabore avec de nombreux laboratoires et notamment avec l’Université de Sydney où elle est très impliquée dans les thèmes de recherche et dans l’enseignement.

2017 - Maladie d’Alzheimer : pouvons-nous changer la trajectoire ?

52min04

« Maladie d’Alzheimer : pouvons-nous changer la trajectoire? »


Avec Philippe Amouyel :


Philippe Amouyel est médecin et chercheur, Professeur d’Epidémiologie et de Santé Publique à l’Université de Lille. Il exerce au Centre Hospitalier et Universitaire de Lille. Depuis 20 ans, il dirige une unité de recherche consacrée à la santé publique et à l’épidémiologie moléculaire des maladies liées au vieillissement. Il a publié plus de 700 articles scientifiques dans des revues internationales et a participé à la découverte des 35 locus génétiques prédisposant à la maladie d’Alzheimer sporadique. Il est un des scientifiques les plus cités dans le monde sur ce sujet. Il a dirigé de 2002 à 2011 l’Institut Pasteur de Lille. Depuis 2008, il dirige la Fondation National de Coopération Scientifique sur la maladie d’Alzheimer et les affections apparentées. Il préside l’Initiative Européenne de Programmation Conjointe sur la recherche sur les maladies neurodégénératives qui fédère les efforts de recherche de 30 pays dont le Canada et l’Australie. Depuis 2012, il est à la tête du laboratoire d’excellence Distalz qui réunit sept des meilleures équipes françaises sur cette pathologie.

 

Entre 2010 et 2015 le nombre d’hommes et de femmes atteints de maladie d’Alzheimer a progressé de plus de 10 millions dans le monde. Un nouveau cas est diagnostiqué toutes les 4 secondes. Face à cette progression constante liée à l’augmentation massive de notre espérance de vie, les chercheurs sont tous mobilisés pour découvrir des solutions. Ils doivent s’attaquer à l’atteinte de l’organe le plus complexe de l’Homme, notre cerveau. Le défi est immense face à une maladie qui s’étend sur plusieurs dizaines d’années. Aussi en attendant la découverte de nouveaux traitements, est-il important d’examiner si des actions préventives sont d’ores et déjà possibles. Il est aussi essentiel que nous nous préparions tous à accepter et à aider au mieux dans notre vie quotidienne l’arrivée d’un nombre croissant d’hommes et ces femmes que leurs symptômes empêcheront de profiter au mieux de la fin de leur existence. Pour faciliter cette acceptation, une application pour tablettes interactives a été créée afin de nous sensibiliser et de nous préparer à ces évolutions.